Hydrogéologie de la Sarthe

Hormis sa frange Ouest où affleure le Massif Armoricain, la Sarthe repose pour la grande majorité de son territoire sur la bordure occidentale du Bassin Parisien. Ce département présente une grande variété de terrains et d’aquifères comprenant des nappes superposées.

Du plus récent (ou plus élevé) au plus ancien (ou profond), on distingue ainsi les aquifères suivants :
1 – Les aquifères de l’Ere Tertiaire et de la fin du Crétacé
Il s’agit d’aquifères mineurs à l’échelle du département, mais importants localement :
- Parmi les terrains de l’Ere Tertiaire, essentiellement les Calcaires de Beauce, datés du miocènes, et comprenant plusieurs couches de calcaires fissurés et fracturés;
- Le tuffeau du Turonien, surmonté en partie Sud du département par les sables à spongiaires du Sénonien, qui constitue un aquifère exploité par quelques captages d’Alimentation en Eau Potable.
2 – Le Cénomanien
C’est l’étage géologique emblématique de la région du Mans (de Cénomans : peuple celte qui occupait le Maine oriental) et plus généralement de la Sarthe. Il résulte de la sédimentation au fond d’une mer peu profonde de matériaux provenant de l’érosion du Massif Armoricain proche, mais aussi de tests calcaires d’organismes marins. Les niveaux sableux constituent des aquifères importants, parmi lesquels on distingue (cf. schéma ci-après):
- Les Sables de Bousse, assimilés plus à l’Est aux Sables et grès à Catopygus ;
- Les Sables du Perche à la base du cénomanien supérieur, surmontés par les Marnes à Ostrea biauriculata ;
- Les Sables du Maine, qu’on subdivise partie Est en Sables du Mans et Sables et grès de la Trugalle, séparés par les Marnes de Nogent le Bernard ;
- Très localement, les sables glauconieux à la base du Cénomanien, sous les Marnes de Ballon.

Schéma des faciès du Cénomanien partie Ouest (d’après la synthèse géologique du Bassin de Paris – 1980)
Même s’il est hétérogène verticalement comme horizontalement, le Cénomanien englobe plusieurs aquifères majeurs pour la Sarthe comme pour les départements limitrophes. Ces aquifères comprennent des nappes souvent captives et exploitées par de nombreux captages d’adduction en eau potable.
3 – Le Jurassique
On distingue, en Sarthe, essentiellement deux aquifères dans le jurassique :
- Les Calcaires de l’Oxfordien, constitués de calcaires coralliens et surmontant les marnes (imperméables du Callovien) ;
- L’aquifère du Dogger dit aussi du Jurassique moyen, constitué des Calcaires oolithiques du Bathonien et, juste en dessous, des Calcaires à silex du Bajocien. Localement, les calcaires sont karstifiés en bordures des fractures ; les circulations des eaux peuvent alors être rapides et la productivité des forages intéressante.
4 – Le socle Armoricain
La frange Ouest du département repose sur des terrains anciens datés du Précambrien au Carbonifère, comprenant des massifs granitique, schistes plus ou moins gréseux et des calcaires qui peuvent être karstifiés. Classiquement, ces terrains présentent :
- De la surface à quelques mètres, voire localement quelques dizaines de mètres de profondeur, un niveau aquifère capacitif, constitué de sables plus ou moins grossiers et argileux, résultant de l’altération de la roche sous-jacente ;
- En-dessous, le massif rocheux qui est transmissif là où il est fracturé et fissuré, jusqu’à une centaine de mètres environ.

